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LIBÉRONS GEORGES IBRAHIM ABDALLAH

Blog du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, communiste révolutionnaire arabe emprisonné en France depuis 1984. Contact : liberonsgeorges@no-log.org Lui écrire : 2388/A221 - CP de Lannemezan - 204 rue des Saligues - BP 70166 - 65307 LANNEMEZAN

LA JUSTICE AUX ORDRES ! Communiqué du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah

Publié le 31 Janvier 2008 par Libérons Georges Ibrahim Abdallah in CLGIA - Textes et mobilisations

Septième demande de libération pour Georges Ibrahim Abdallah, otage détenu par l’État français depuis 8494 jours. 

La décision attendue ce 31 janvier 2008 est reportée !!! Nouvel examen de la demande prévu le 17 avril 2008.

Ce jeudi 31 janvier 2008, l’Etat français à travers son pouvoir judiciaire devait rendre sa décision sur l’examen en appel de la septième demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, militant révolutionnaire arabe, combattant de la cause palestinienne, qui a été condamné dans les années 80 pour des actions revendiquées par son organisation, les FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises).

Une fois encore la justice française bafoue ses propres lois et une fois de plus la décision est scandaleusement reportée. Rappelons quelques dates qui montrent le mépris de la justice française à l’encontre du prisonnier politique Georges Abdallah. Le 6 février 2007, Georges Ibrahim Abdallah dépose sa 7ième demande de libération conditionnelle. Plus de 5 mois après, le 26 juin 2007, alors que Georges Abdallah est en salle de visioconférence à Lannemezan assisté de son avocat qui s’est déplacé de Paris, l’examen de la demande est reporté pour « problème technique » au 4 septembre 2007. Puis en août 2007, l’audience du 4 septembre est reportée au 13 septembre. Le 13 septembre 2007, examen en première instance de la demande de libération conditionnelle, avec des déclarations islamophobes et anti-arabes de la part de la DST et de l’avocat de la partie civile Etatsunienne. Le 10 octobre 2007, la septième demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah est refusée. Georges Abdallah fait appel. Le 20 décembre 2007 a lieu l’examen en appel de la demande. La décision est annoncée pour le 31 janvier 2008. Ce jour dit, à 18H30 ni l’avocat de Georges Abdallah ni Georges Abdallah ne connaissent la décision. Ce n’est que dans la soirée qu’il sera annoncé qu’’il n’y aura pas de décision ce jour là et qu’un nouvel examen de la demande aura lieu le 17 avril 2008. Plus de 14 mois se seront écoulés entre la demande de libération et le réel examen de cette demande avec, espérons le, un débat contradictoire entre Georges et ses juges, débat qui n’avait pas été autorisé par les juges le 20 décembre.

Mais que sont des semaines et des mois de prison supplémentaires infligés à Georges Abdallah pour ces serviles serviteurs de l’impérialisme que sont les juges, au regard de leur avancement et de leur confort professionnel.

Une fois encore les médias dans leur majorité se taisent, une fois encore les États-Unis et Israël imposent leur diktat à la France et une fois encore la justice française obéit aux ordres de l’État. L’histoire de l’acharnement judiciaire et étatique contre Georges Abdallah est une longue histoire, aussi longue que ses 24 années de prison, ses 8494 jours d’enfermement qui sont autant de jours de résistance.

En 1987 le procureur général, représentant de l’accusation, requiert une peine de 10 ans contre Georges Abdallah. C’est insuffisant pour l’État français qui subit la pression des États-Unis er d’Israël. Quelle fut la décision ? La justice se soumet aux directives politiques et Georges Abdallah est condamné à perpétuité. Aujourd’hui Georges Abdallah risque de dépasser les 25 années de détention. C’est deux fois et demi ce qu’avait demandé le procureur. C’est 15 ans de plus !

Il est prouvé que Jean-Paul Mazurier, avocat de Georges Abdallah, était lorsqu’il plaidait pour la « défense » de son client, un agent des services secrets français, obligé d’obéir en raison de sa dépendance aux drogues. Après le procès, le fait découvert fut dénoncé. Qu’arriva-t-il ? La régularité du procès ne fut pas remise en cause, le barreau ne bougea pas et la justice ferma les yeux sur cette infamie.

Dans les années 1985-1986 des attentats meurtriers ensanglantent Paris. Le pouvoir politique a besoin de coupables. La famille Abdallah est dénoncée alors que la police sait rapidement qu’elle n’est pas impliquée dans les faits reprochés. Robert Pandraud, ministre de la sécurité de l’époque l’a avoué dernièrement : « Nos contacts, notamment algériens, nous assurent que le clan Abdallah n’est pour rien dans ces attentats, mais ne nous en apportent pas la preuve. Je me suis dit qu’au fond mettre en avant la piste Abdallah ne ferait pas de mal, même si ça ne faisait pas de bien. En réalité, nous n’avions alors aucune piste. ». (Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand, Seuil). Que se passa-t-il ? La France cessa-t-elle d’accuser la famille Abdallah ? Non ! Pour la première fois sur le territoire apparurent des affiches à appel à témoin avec les portraits de deux frères de Georges Abdallah avec offre de récompense d’un million de francs. Le mensonge d’État permettait de camoufler la guerre souterraine que se livraient alors la France et l’Iran.

Lors de son premier procès, Georges Abdallah est jugé pour détention d'armes et d'explosifs et il est condamné à quatre années de détention. Cette peine est trop clémente au goût des États-Unis. Le président étatsunien Reagan intervient en personne auprès du président français Mitterrand. Il y eut d’autres pressions. Mitterrand raconte : « Le conseiller pour la Sécurité de Reagan, John Pointdexter, nous télégraphie pour nous mettre en garde contre une éventuelle libération d’Ibrahim Abdallah avant son procès… » (Jacques Attali, Verbatim, tome lI. Chronique des années 1986-1988, p. 103-105.) ». Que fit alors le pouvoir politique français ? Il demanda à sa police d’intervenir. Des armes ayant soi-disant appartenu à Georges Abdallah et qui auraient été utilisées lors d’assassinats sont miraculeusement découvertes. La justice suit la manœuvre. Les États-Unis voient leur demande réalisée. Georges Abdallah est rejugé par une cour d’exception et est condamné à perpétuité.

Georges Abdallah est libérable depuis 1999, mais l’acharnement continue. En novembre 2003, la juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau autorise sa libération. Cela suscite immédiatement une réaction politique à l’Assemblée nationale. Le ministre de la Justice de l’époque, Dominique Perben, intervient directement. Comment se termine l’histoire d’un juge prenant une décision en toute indépendance ? En janvier 2004, la juridiction nationale de libération conditionnelle décide du maintien en prison de Georges Ibrahim Abdallah et la loi est changée. Depuis, toutes les décisions judiciaires concernant Georges Abdallah, et les autres prisonniers politiques, sont directement examinées à Paris, à un vol d’oiseau du pouvoir politique.

En 2007 c’est la police politique française, la DST, qui écrit directement aux juges pour donner ses consignes. Elle déclare : « Personnalité emblématique de la lutte antisioniste, la libération de Georges Abdallah constituerait sans nul doute, au Liban, un événement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans une lutte révolutionnaire.  ». Quelle est alors la décision de la justice ? Passe-t-elle outre les ordres politiques ? Non. En « toute indépendance » elle refuse en première instance la septième demande de libération de Georges Abdallah. Aujourd’hui encore ce sont les États-Unis, par la voix de leur avocat Me Kiejman, qui multiplient les déclarations arabophobes et islamophobes et les mensonges paranoïaques pour maintenir Georges Ibrahim Abdallah en prison.

Alors que Gaza est assiégée, que les Palestiniens subissent continuellement l’extrême violence de l’occupant sioniste et que la Palestine est menacée de destruction, le combat de Georges Abdallah revêt toute son actualité et toute sa légitimité.

Ce n’est pas en attendant une décision d’une justice aux ordres du pouvoir politique que nous obtiendrons la libération de Georges Abdallah. C’est en mettant fin au silence autour de son histoire, fin à l’indifférence complice des organisations politiques et militantes, c’est en mobilisant dans les quartiers toutes celles et ceux qui se réclament de l’anti-impérialisme et de l’antisionisme, c’est en créant le lien entre le soutien à la résistance au peuple palestinien et le combat de Georges Abdallah que nous arracherons sa libération !
 
POUR LA LIBÉRATION DE LA PALESTINE !
POUR LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE GEORGES IBRAHIM ABDALLAH !
 
Paris, le 31 janvier 2008
Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
Blog : http://liberonsgeorges.over-blog.com