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LIBÉRONS GEORGES IBRAHIM ABDALLAH

Blog du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, communiste révolutionnaire arabe emprisonné en France depuis 1984. Contact : liberonsgeorges@no-log.org Lui écrire : 2388/A221 - CP de Lannemezan - 204 rue des Saligues - BP 70166 - 65307 LANNEMEZAN

Belgique - Lettre de Bertrand

Publié le 3 Juillet 2008 par Libérons Georges Ibrahim Abdallah in Actualité - Mobilisation

Petite lettre ouverte aux membres du Secours Rouge
(et à tous ceux qui se sont mobilisés pour nos libérations)

Chers camarades, chers amis,

Aujourd’hui, j’ai eu le grand bonheur d’apprendre la libération de Wahoub, Abdallah et Constant.

Le fait que vous ayez pu improviser aux portes des prisons des comités d’accueil de plusieurs dizaines de personnes est pour moi un nouvel indice des capacités de mobilisation que vous avez pu développer – surtout que cela survient le lendemain du rassemblement au palais de justice et quelques jours après la manifestation de plusieurs centaines de personnes (et un chien) devant les prisons.

Je suis tellement heureux de ces libérations et tellement fier que le Secours Rouge ait non seulement tenu le choc après un blitz policier aussi vaste et aussi brutal, mais qu’il soit ainsi arrivé à se mettre à l’offensive.

Voilà comment les choses se transforment en leur contraire, comment un ixième « tour de vis » réactionnaire se transforme en déroute pour la réaction.

Vous avez dû entendre, à la Chambre des Mises en accusation d’hier le représentant du Parquet se plaindre aux magistrats de la mise de l’affaire « sur la place publique », de sa « médiatisation » et de sa « politisation ». Cela nuisait, disait-il, à la « sérénité des débats ».

On sait que c’est leur « sérénité des débats » qu’ils revendiquent à exercer sans limite ni discussion leurs sales petites besognes répressives. Que tout le monde comprenne que l’ennemi est sur la défensive. Il est hors de question de se satisfaire des simples libérations. Cette affaire est l’occasion de donner, sinon un coup d’arrêt, du moins un solide cop de frein, aux partisans de la doctrine de la « contre-révolution préventive » dans l’appareil d’Etat.

Ceux-ci ne se contentaient plus d’accumuler un arsenal répressif – technique, organisationnel et juridique – toujours plus puissant : ils le veulent employer à la moindre velléité de résistance. Qu’ils se brûlent la patte de l’avoir trop avancée !

Des fissures apparaissent dans le dispositif ennemi : tel porteparole du Parquet déclare à la radio que la loi anti-terroriste a des « maladies de jeunesse », tel parlementaire social-démocrate – qui a voté la loi – déclare à la télé que cette loi est appliquée de manière excessive, etc.

Bref, sentant le vent du boulet, ceux qui appliquent la loi et ceux qui l’ont conçue se renvoient la responsabilité du fiasco. Tel policier qui, au premier interrogatoire, alignait les photos de sorties de meetings du Secours Rouge en me demandant de donner les noms des membres de l’assistance, a cru devoir dire, au second interrogatoire, il y a quelques jours, qu’il ne s’intéressait pas du tout au Secours Rouge ni à ses activités politiques.

Ne doutez pas une seule seconde que si vous n’étiez pas parvenu à « porter l’affaire sur la place publique » la machine répressive nous aurait broyé dans la complicité générale de tous les rouages du système, et aurait accompli un nouveau progrès dans la contre-révolution préventive.

Comme la solidarité avec les cibles de la répression de classe est le terrain de lutte où les divergences politiques sont minorées, ce terrain est aussi celui où les connexions et les coopérations sont les plus nombreuses – au niveau national comme international.

Rien d’étonnant alors que la solidarité soit elle-même dans le collimateur de la répression, qu’elle soit elle-même la cible de toutes les attaques et de toutes les intimidations. Chaque progrès dans la construction de la solidarité de classe engendrera une réaction de l’ennemi.

Alors voilà, je vous remercie et vous félicite encore une fois pour votre remarquable travail. Je sais d’expérience qu’il n’est pas facile de combiner dans une stratégie unique et efficace les différentes formes de soutien (politique, familiale et amicale, nationale et internationale, etc.) en respectant leurs spécificités.

On a vu participer aux mobilisations des forces politiques séparées par plusieurs divergences du Secours Rouge, et c’est à l’honneur de ces forces comme de votre travail.

Et cela est d’autant plus heureux et remarquable que, ce que vous avez réussi à réaliser dans le cadre de notre affaire au niveau national, le Secours Rouge International est parvenu à le réaliser au niveau européen. Les initiatives prises dans ce cadre en notre faveur se multiplient, et contribueront sans nul doute à défaire nos ennemis en arrachant nos libérations et disqualifiant la loi anti-terroriste.

Je vous salue et je vous embrasse,

Bertrand,

Prison de Forest, 27 juin.
http://www.secoursrouge.org/