Georges Abdallah - Déclarations

Jeudi 26 février 1987 4 26 /02 /1987 19:00
Madame, Monsieur.

Qu'un combattant arabe soit jugé par une Cour Spéciale en Occident, rien de plus normal. Qu'il soit traité de criminel et de malfaiteur, rien de vraiment nouveau, déjà les "bandits de l'Aurès"
(1), les "terroristes" de Palestine, ainsi que les "fanatiques lépreux" d'Ansar et Khiam (2) ont été l'objet de ces honorables qualificatifs. Ils rappellent à tous ceux qui ont la mémoire courte le patrimoine de votre justice occidentale ainsi que votre civilisation judéo-chrétienne.

Mais que le criminel yankee
(3), bourreau de tous les déshérités de la terre, soit, en plus, le représentant des prétendues victimes devant vous, il y bien de quoi alors s'abstenir de tout commentaire sur la nature de votre Cour ainsi que sur la tâche qui lui est assignée.

Si, de prime abord, le représentant de l'entité sioniste semble manquer à la scène, bien évidemment, ce n'est ni par pudeur ni par discrétion de votre part ; c'est pour la simple raison que cette entité n'est qu'une tête de pont occidentale, c'est une base opérationnelle des chiens de garde impérialistes, c'est un modèle miniaturisé de ce que nous réservent vos patrons à travers leur stratégie d'anéantissement et de balkanisation
(4). Il va de soi que devant votre Cour, cette entité est déjà représentée : si ce n'est par son patron yankee, ce sera par son homologue l'avocat général.

Ne pas commenter la nature de votre Cour ne veut nullement dire cautionner son illégitimité, sans occulter non plus sa parfaite légalité qui illustre à juste titre le gouffre qui sépare votre monde légal de notre monde réel ; représentation authentique de la paix instaurée par votre système, maintenue par l'anéantissement de millions d'hommes dans nos régions des périphéries.

En dépit des souffrances de tous les peuples de la terre, vos patrons imposent la paix et la légalité de leur système criminel dont la guerre fait partie intégrante ; mais vous vous trompez si vous espérez que la guerre ne dépassera jamais plus les régions des périphéries.

Quarante ans après la libération de Paris, on voit persister dans votre pays une référence quasi obligée de tous vos patrons aux années d'occupation, référence mystifiante, larmoyante et vantarde ; elle occulte d'une part la lâcheté de tous ceux qui se foutaient des porteurs de l'étoile jaune, et qui n'ont découvert leur virilité qu'en soutenant les escrocs qui exploitent les terribles souvenirs d'Auschwitz et d'autres crimes de votre système ; et d'autre part, elle occulte aussi les raisons des actions illégales de ces "terroristes lépreux" de l'Affiche Rouge
(5) et de leurs camarades qui sauvaient l'honneur de votre pays en se battant héroïquement contre l'ordre des criminels et de leurs fantoches. Ils se sont battus ici en France et ailleurs. Ils attaquaient là où ils pouvaient, foulant aux pieds toute légalité qui entravait leur légitime combat. Quatre ans d'occupation de votre hexagone ont mis en lumière la criminelle légalité de votre système impérialiste et ont comblé d'honneur tous ceux qui s'étaient attachés à la légitimité de le combattre. Certes, ces "lépreux terroristes" n'étaient pas très nombreux et les généraux "Massu" (6) ne figuraient pas à titre d'exception dans leur mouvement, mais cela ne nous empêche pas d'espérer voir ressurgir de "nouveaux lépreux", beaucoup plus nombreux, dont le mouvement soit dépourvu des "Massu" et qui s'engagent dans le même combat des "pestiférés" du Moyen et Proche-Orient, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique centrale pour mettre un terme à la légalité de votre paix garantie par la stratégie d'anéantissement de vos patrons dans nos régions périphériques. Heureusement, l'actualité ne dément pas nos espoirs.

Bien sûr, vous n'êtes pas ici pour parler politique, c'est clair, vous êtes ici simplement pour juger des actions qui ont perturbé la paix de votre ordre ; pour connaître le sens de cette paix "apolitique", rien de mieux que de se référer à un de vos sages patrons, un des garants de vos institutions [Mitterrand]. À la veille d'une de vos agressions contre notre peuple, ne déclarait-il pas : « Cette paix est mieux défendue par la guerre que nous faisons que si nous laissions aller les choses, elle est mieux préservée par notre action que par notre inaction ».

C'est cette paix, Messieurs, la paix des cimetières, que menacent les actions que vous prétendez juger. C'est la continuité de la guerre d'extermination perpétrée par Reagan, le leader de votre ordre, qui est menacée. C'est à la guerre impérialiste que votre Cour se donne le droit de faire un procès.

Non, Messieurs, votre Cour est loin d'être apolitique. Non, Messieurs, votre procès loin d'être légitime s'inscrit sur le drapeau légal de la guerre impérialiste menée contre notre peuple, balayant par là même les bonnes intentions de ceux qui jouent les bons offices auprès de vos patrons, ainsi que les illusions de ceux qui ont cru hypocritement que la vipère change de nature en changeant de peau.

Avec quelle sérénité et quelle indépendance prétendez-vous juger des actes de guerre en les isolant du processus général de l'agression impérialiste perpétrée contre notre peuple ? Dans quelle mesure, vous, représentants de l'impérialisme français, n'êtes-vous pas impliqués dans cette guerre ? De quel cynisme doit être doté le représentant du criminel Reagan pour se présenter en victime et partie civile à Paris au moment où l'US Navy
(7) prépare l'assaut de Beyrouth et autres cités arabes ? Il faut avoir une certaine parenté avec Goebbels pour pouvoir faire avaler cette scène et qui d'autre que les instances impérialistes occidentales a droit à cette ordure de l'histoire et son infâme parenté !

Depuis bientôt plus de quarante ans, notre peuple subit les agressions de tout poil. Aucune arme ne fait défaut au champ d'expérimentation où notre peuple sert de cobaye. Du début du siècle jusqu'à nos jours, rien ne nous fut épargné par vos patrons, des plus infâmes conspirations aux plus criminels massacres. Anéantissement et balkanisation se conjuguent sous le drapeau mystificateur des droits de l'homme occidental. Anéantissement, les Américains et leurs chiens de garde sionistes se chargent actuellement de le perpétrer le plus cruellement possible. Balkanisation, vous occidentaux, Européens en l'occurrence, vous en êtes les architectes, les anges gardiens de sa continuité.

Notre pays, Messieurs, est occupé, notre peuple est déraciné. Les occupants, les agresseurs, sont des occidentaux blonds aux yeux clairs.

Ce ne sont pas des slogans de propagande, ce sont des femmes et des hommes en chair et en os éventrés, ce sont des gosses par centaines décapités. Chaque jour, il y a des morts, chaque jour il y a des avions qui bombardent et tuent, et des navires de guerre sèment la mort et la destruction. Chaque jour, vos colons ramassent de nouveaux otages, notre peuple des territoires occupés est otage et le reste est otage potentiel ou victime en puissance.

Certes, ni à Ansar ni à Ashkelon il n'y a de chambres à gaz, les bombes à dépression et autres fleurons de votre industrie en font la relève, et vos colons en sont parfaitement satisfaits, au moins jusqu'à maintenant. Tout se joue en fonction de la proportion des nouveaux colons que vous pouvez leur fournir ; mais tout se joue aussi en fonction de l'attachement de notre peuple à la légitimité de combattre l'ordre fournisseur de colons, votre criminel ordre. Bien sûr, à votre grande satisfaction, l'édifice de balkanisation remplit toujours ses fonctions ; aussi longtemps que les prostitués-marionnettes de vos proxénètes sont en place, ils y resteront, rassurez-vous, à court terme.

Messieurs, je ne suis pas ici pour attirer votre attention sur la cruauté des massacres perpétrés contre notre peuple ; vous n'êtes pas, d'ailleurs, tellement étrangers à ces massacres. Je ne suis pas ici non plus pour solliciter une condamnation du bourreau ; déjà les plus hautes instances internationales nous en ont fournies assez, mais hélas, ces paperasses ne nous ont pas servi à grand chose, ni en 1982, ni avant ni après, face aux fleurons de votre industrie meurtrière.

Je suis ici, Messieurs, pour vous demander simplement de bien vouloir laver vos mains maculées de notre sang et du sang de nos mômes, avant de prétendre nous juger, car celui qui accepte de fouler aux pieds le sang de vingt-cinq mille morts tombés au Liban lors de l'invasion impérialo-sioniste de 1982 ne peut qu'être le complice direct de Reagan et de Begin dans leur guerre d'extermination contre notre peuple.
Vingt-cinq mille morts en trois mois à l'honneur de votre paix, quarante-cinq mille blessés à l'honneur de votre justice. Quatre-vingt dix jours et Beyrouth tenue en champ d'expérimentation des armes américano-israéliennes et pourtant l'administration Reagan est victime et partie civile à vos yeux ! Bien sûr, rien d'anormal dans tout cela, en dépit de l'illusion débile de ceux qui prétendent déceler une possible impartialité de la France impérialiste et de sa justice.

C'est ça, l'ABC de votre justice, le fond de ce procès et de ces accusations qui, par ailleurs, ne me sont que des honneurs que je n'ai pas mérités. Si notre peuple ne m'a pas confié l'honneur de participer à ces actions anti-impérialistes que vous m'attribuez, au moins j'ai l'honneur d'en être accusé par votre Cour et de défendre leur légitimité face à la criminelle légalité des bourreaux, et je crie haut et fort : Foulons aux pieds toute entrave à la légitimité de notre combat. Foulons aux pieds la paix de tout ordre qui se manifeste chez nous en termes de "Paix en Galilée".

Je sais très bien que c'est cette position qui est à criminaliser, et c'est en fonction de cette tâche que votre justice est rappelée à l'ordre par l'administration Reagan. En toute "indépendance" et "impartialité" vous avez obéi à l'appel, et en toute sérénité je vous réponds au nom de ce que je représente ici : ou bien il y aura la paix pour notre peuple arabe, et sur toute la terre arabe, ou bien il n'y aura la paix pour personne et nulle part.

Bien sûr, les criminels yankees et leurs homologues socio-démocrates vont crier haro sur les "terroristes fanatiques", ils enfreindraient les lois de la paix impérialiste et les règles élémentaires de la "tolérance" occidentale orchestrée à la cadence des obus du [cuirassé] New Jersey et des F-16 quand ce n'est pas à la cadence de ceux des Super-Étendard et des Jaguar.

Bien sûr, les esprits "tolérants" et "démocrates" ont bien de quoi s'indigner devant la montée du "fanatisme" et du "terrorisme international", ils n'oublient jamais d'afficher leur "solidarité humanitaire" avec la résistance contre l'occupant à la seule condition que les victimes obéissent aux lois des bourreaux, à savoir que la guerre ne devra jamais plus dépasser les régions des périphéries et ne devra plus jamais perturber leur criminelle paix.

Tout aussi compréhensibles, les préoccupations et la fureur des "civilisés" chevaliers de l'Occident des "droits de l'homme" et de la "liberté" face à ces "barbares pestiférés" du Proche et Moyen-Orient. Comment ne pas comprendre leur inquiétude et leur déception : alors que tous les chefs-d'œuvre de leur civilisation sont exposés sous l'œil bienveillant de leurs "droits de l'homme" et de leur statue de la "liberté", partout sur la terre arabe - que ce soit à Maaraké ou à Zrarié, à Bir el Abd
(8) ou à Sabra et Chatila (9), à Benghazi ou à Tripoli (10), pour ne pas en citer d'autres — toujours la même obstination chez ces "barbares", déception qui rappelle, par ailleurs, celle de vos ancêtres quand, pour la même mission "civilisatrice", ils étaient allés pour des prunes aux abords de Damas.

Cet Occident impérialiste judéo-chrétien que vous représentez, Messieurs, n'a pas à se plaindre beaucoup de "l'incompréhension" de ses valeurs par notre Orient périphérique et musulman —accusé et criminalisé, agressé et dominé. Certes, on n'est pas encore arrivés à concevoir des statues de la liberté à l'égal du New Jersey et de ses canons, ou des F-16 et de leurs bombes, mais ne faut-il pas reconnaître qu'on est arrivés à les recevoir comme il se doit !!!
(11)

Certes, on n'a pas encore érigé dans vos villes des statuettes de la "liberté" comme celle érigée à Bir el Abed (à titre d'exemple) et signée de la main de Reagan, ayant pour matériel le modique chiffre des quatre-vingt corps carbonisés et déchiquetés, mais là-dessus, je peux vous assurer qu'on saurait bien vous imiter.

Bien sûr, votre indignation est bien claire à l'égard de notre "intolérance" d'orientaux arabes et musulmans, mais faut-il signaler qu'on a bien compris votre "tolérance" exprimée par excellence par Sharon et ses hordes à Sabra et à Ansar, par Begin et Shamir à Kfar Kassem et Deir Yassin
(12) ; et nous sommes bien convaincus qu'elle ne se limite pas à l'aire arabe et musulmane. Elle se manifeste aussi cruellement tout au long des périphéries de votre système : de la Grenade à l'Afrique du Sud, des frontières nicaraguayennes à celles de l'Angola, du Salvador et du Chili à la Corée du Sud et de la Malaisie, là où il y a yankee, patron de votre ordre, ou ses laquais, il y a la mort et la destruction.

Et pourtant il est partie civile et victime à Paris, ou plutôt c'est pourquoi il peut se présenter en partie civile à Paris au lieu d'être accusé à Nuremberg
(13).

Bien sûr, il n'y a pas de raison pour que le bourreau soit accusé, ses victimes ne sont en fin de compte que des Arabes, des Africains, des Asiatiques et des Latino-Américains ; et leur extermination n'est ni un délit ni un crime pour la justice occidentale.

C'est dans cet état d'esprit que la chambre d'accusation a établi ses prétendues charges irréfutables contre moi.

Il est déjà bien clair votre Cour que je n'ai nullement l'intention de commenter ces prétendues charges, vous signalant simplement que comparativement appliquées, telles qu'elles vous sont présentées par la chambre d'accusation, elles sont aussi irréfutables contre "Monsieur tout le monde" en France.

Je tiens simplement à signaler, à vous qui avez le droit légal de me juger ainsi qu'à tous ceux qui ont la légitimité d'en faire autant, le fait suivant : je suis accusé d'assassinat et de complicité pour avoir été en France avant ou après des attentats. Que dire alors de Monsieur Jean-Christophe Mitterrand qui était en Palestine occupée à Kfar Hanassi quand la soldatesque sioniste se livrait aux pires excès ? Que dire de celui qui se rendait à Beyrouth sur les chars de Sharon en 1982 lors de l'invasion du Liban pour exprimer son soutien aux avant-gardes de votre monde "libre" [Léotard
(14)] ? Que dire de tous ceux qui livraient et livrent encore les fleurons de leurs arsenaux aux agresseurs de notre peuple, des Jericho 2 à tête thermonucléaire aux F-16 ? Bien sûr, pour vous la comparaison ne tient pas debout, ils ne sont en fin de compte que des occidentaux, blonds aux yeux clairs, et surtout au service de la paix impérialiste. Mais faut-il vous rappeler que votre argumentation ne saura être qu'une charge en plus devant ceux qui ont la légitimité de les juger.

Sachant bien que la lutte des peuples n'avance pas en fonction de la longueur des déclarations de ses combattants prisonniers, je remercie mes ravisseurs pour m'avoir laissé exprimer ce que j'ai à dire en dépit du régime d'isolement carcéral qui m'est appliqué.

M'adressant à vous ainsi qu'à mon père, de qui je n'ai plus de nouvelles, je vous répète la parole d'un combattant africain: «wotta sitta», ce qui veut dire en français : « le temps est juste » ou plutôt « c'est juste le temps de… », et je me retire de cette Cour, vous laissant le plaisir d'écouter le représentant du bourreau et sa défense vomir leur haine contre les déshérités de la terre.

A bas l'impérialisme et ses laquais !

La Victoire et la Gloire pour tous les peuples en lutte !

Georges Ibrahim Abdallah
Paris, le 23 février 1987.

Notes
(1) Allusion aux combattants du FLN pendant la guerre d’Algérie, qualifiés ainsi dans la presse française de l’époque.
(2) Ansar est un camp de concentration israélien, Khiam un camp de concentration et de torture de la milice fasciste libanaise "Armée du Liban Sud" qui était organisée, armée et financée par Israël.
(3) Rappelons que les USA était partie civile au procès de Georges Ibrahim Abdallah.
(4) La balkanisation est une politique impérialiste typique qui vise à "diviser pour régner", en fractionnant un pays ou une région en de multiples "États" indépendants et rivaux.
(5) Allusion à un groupe de résistants communistes de l’organisation FTP-MOI composée de travailleurs immigrés en France. Responsables de nombreux attentats contre les nazis et les collaborateurs, ils  furent arrêtés, torturés et fusillés.
(6) Le général Massu allait tristement se distinguer pendant la guerre d’Algérie, à la tête de la division parachutiste.
(7) A l’époque du second procès de Georges Ibrahim Abdallah, la marine américaine bombardait les environs de Beyrouth, et l’arrière-pays, dans le cadre du conflit entre la résistance libanaise et la "Force internationale de maintien de la paix" déployée par les puissances impérialistes à Beyrouth après le retrait israélien. Les chasseurs-bombardiers de l’aéronavale et les canons du cuirassé New Jersey firent des dizaines de victimes. Les bombardiers Super-Étendard de l’aéronavale française participèrent aussi à ces bombardements.
(8) Localités libanaises où les bombardements américains provoquèrent un massacre de civils.
(9) Camp de réfugiés palestiniens où les fascistes libanais des Phalanges massacrèrent des centaines de civils libanais et palestiniens. Rappelons que les impérialistes imposèrent en août 1982 comme président au Liban le chef des phalangistes, Bechir Gemayel.
(10) L’aéronavale américaine venait de bombarder ces deux villes libyennes.
(11) La "Force internationale de maintien de la paix" avait subi une défaite écrasante au Liban ; des attentats avaient notamment anéanti les quartiers généraux des contingents américain et français, tuant des dizaines de militaires, et provoquant un retrait qui s’apparenta à une débâcle.
(12) Villages de Palestine dont la population fut massacrée par les sionistes.
(13) C’est à Nuremberg qui furent jugés les criminels de guerre nazis.
(14) Alors ministre de la défense du gouvernement français
 
 
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Mercredi 4 juillet 2001 3 04 /07 /2001 18:00
Camarades
En continuité du mouvement de solidarité avec la lutte des prisonnier"e"s révolutionnaires en Turquie je serai en grève de la faim du 9 au 15 juillet.
Tout naturellement cette démarche s'inscrit dans le cadre de notre plate-forme du 19 juin 1999. Depuis notre précédente grève de solidarité il y a déjà plus de six mois, la mobilisation en France ne semble pas vraiment progresser ; de toute évidence la situation n'est pas très différente dans les autres pays. Un grand effort reste à faire pour convaincre et mobiliser les forces vives en faveur de la lutte de nos camarades.

Certes, un certain nombre de camarades prisonniers ont participé ici et là à des grèves de la faim tournantes ; en Espagne, sur l'initiative des camarades du PCE(r) et des GRAPO plusieurs dizaines de prisonnier"e"s ont participé à ce mouvement qui s'est poursuivi en France à la centrale de Lannemezan où des camarades basques et un certain nombre de prisonniers sociaux antagonistes ont fait la relève ainsi qu'à Arles et Bapaume où les camarades d'Action Directe et des camarades basques portaient le mouvement en avant ; il en fut de même dans quelques prisons en Allemagne et en Grèce.

Il n'empêche que la solidarité doit se développer principalement au-delà des prisons, dans la rue et au niveau des formations politiques de gauche. Justement c'est à ce niveau où l'on voit la faiblesse de la mobilisation. Bien entendu, il y eut des initiatives ici et là, des manifs et quelques sit-in et rassemblements en France et certainement ailleurs aussi en Europe. Il y a eu quelques avancées tout particulièrement concernant la commission pour un Secours Rouge International.

Ceci étant, le bilan reste dans l'ensemble très modeste (mais cela n'est pas l'objet de cette déclaration, d'autres camarades s'en chargeront certainement). Je tiens à souligner seulement que nos camarades ont toujours assumés leurs responsabilités internationales ; ils ont été de toutes les batailles anti-impérialistes dans la région moyen orientale / méditerranéenne. Face aux forces impérialistes et à côté des forces vives libanaises ils ont exprimés leur solidarité ; face à la soldatesque sioniste et à côté des forces vives palestiniennes ils ont exprimés leur solidarité ; face aux assassins de l'OTAN et à côté du peuple irakien ils ont assumés la solidarité.

Nos camarades sont en droit d'attendre particulièrement des forces vives de la gauche libanaise et palestiniennes, une solidarité qui va au-delà du geste symbolique d'un prisonnier ici ou là. Nos camarades sont en droit d'attendre aussi une plus grande mobilisation en Europe et une solidarité autrement plus ferme et plus radicale.
Nos camarades MARTYRS VIVANTS continuent la résistance avec l'abnégation qui leur est propre. Ils résistent en dépit d'uns souffrance insupportable humainement et de pertes de vies inestimables. A ce jour mercredi 4 juillet, les corps de 27 des nôtres sont déjà sous terre ; ils rejoignent ainsi les 28 autres assassiné"e"s lors du massacre du 19_22 décembre 2000.
En prenant le relais des camarades qui ont assurés la relève du camarade Pierre Carette des CELLULES COMMUNISTES COMBATTANTES le 3 juin, j'accompagne pour cette semaine de l'ABC Dijon et du comité de Lutte Contre la Barbarie et l'Arbitraire dans leur initiative commune de faire du 14 juillet une journée de colère et de mobilisation en faveur de la lutte de nos camarades en Turquie. Je salue toutes les initiatives de solidarité qui portent dans la rue les justes revendications de nos MARTYRS VIVANTS et qui dénoncent l'ignoble complicité objective des sociaux démocrates européens ; ils collaborent sans état d'âme avec le régime fasciste turc. Je m'adresse tout particulièrement aux camarades anti-impérialistes au Liban pour signaler que nous n'avons pas le droit de nous taire quand les nôtres mènent une aussi dure bataille. A tous les démocrates faut-il rappeler que ces prisonniers révolutionnaires sont et ont toujours été à la pointe de tous les combats pour la démocratie en Turquie !!!
Les revendications de ces camarades MARTYRS VIVANTS sont les nôtres :
Suppression des prisons de type F.
Abolition des lois "antiterroristes" et dissolution de la Cour de sûreté de l'Etat.
Condamnation des responsables des massacres dans les prisons.
LA SOLIDARITE EST UNE ARME N'HESITONS PAS A L'UTILISER !
A BAS LE FASCISME DE l'ETAT TURC !
VIVE LA RESISTANCE DES PRISONNIERS"E"S REVOLUTIONNAIRES EN TURQUIE !
NOUS VAINCRONS !

Georges ABDALLAH
prisonnier des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises.
M.C. de Moulins-Yzeure, le 4 juillet 2001.
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Vendredi 11 octobre 2002 5 11 /10 /2002 19:00
À l’aube de cette troisième année d’Intifada Al-Aqsa, les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires sont plus que jamais déterminées à continuer la lutte et à intensifier la résistance sous toutes ses formes, armées et populaires. 

Qu’il s’agisse de ces groupes d’enfants qui, dans leurs quartiers "s’opposent" à la soldatesque sioniste avec des lance-pierres ou de ces cortèges de mères qui cherchent à briser les interminables couvre-feux dans ces villes martyrisées. Qu’ils s’agisse de ces opérations kamikazes parfois tant controversées ici et là ou de ces héroïques combats non médiatisés dans les ruelles de Jénine, de Khan Younes et de la casbah de Naplouse ou ailleurs.

Ces diverses formes de lutte et de résistance sont toujours fonction de la dynamique globale de l’occupation. Elles sont aussi l’expression révolutionnaire d’une volonté inébranlable de tout un peuple décidé à continuer son Intifada jusqu’au retrait total des forces d’occupation sioniste et la création d’un État indépendant avec Al-Qods (1) comme capitale.   En dépit des lourdes pertes de ces derniers mois (les nombreux cadres et dirigeants assassinés et les milliers d’autres emprisonnés) et la criminelle politique de Sharon consistant à détruire systématique les infrastructures de la société palestinienne, en dépit de tout ce qu’un peuple encerclé peut endurer lors des interminables couvre-feux, le mot d’ordre des forces vives palestiniennes demeure : « l’Intifada continuera, l’Intifada vaincra ! » .

Comme toujours, au fur et à mesure que l’ennemi généralisera sa criminelle guerre et qu’en face s’intensifiera la résistance des masses, des voix exprimant les choix de certaines strates bourgeoises du mouvement du peuple commenceront à se faire entendre bruyamment. Ainsi serait-il urgent d’arrêter toute forme de résistance armée (tout particulièrement dans les territoires de 48) à commencer, sans délai, par celle qui suscite une certaine controverse au sein du mouvement national, à savoir les opérations kamikazes. Il serait aussi opportun de condamner la violence en général et d’arrêter l’Intifada et de procéder à des réformes de l’Autorité Palestinienne (ou ce qu’il en reste). Bien entendu, cela est à la demande et sous le contrôle des Etats-Unis et leur chien de garde sioniste et en vue d’une « reprise des négociations ».

Tout naturellement, ces appels n’ont pas beaucoup de chance d’être favorablement entendus des forces vives palestiniennes ; cependant ils laisseront quand même une certaine confusion dans le mouvement des masses.   L’Intifada, vivier de régénération de la direction palestinienne, est continuellement travaillée et façonnée par l’interaction de deux dynamiques intimement liées : celle de la lutte de classes propre à la société palestinienne et celle de l’antagonisme opposant existentiellement cette dernière à la colonisation d’implantation sioniste. En fait, l’Intifada Al-Aqsa est loin d’être un phénomène passager ; elle est appelée à demeurer assez longtemps l’expression vivante et conflictuelle d’une Palestine à qui l’entité sioniste dénie le droit d’exister.  

Par une sorte d’aveuglement propre aux forces réactionnaires, le gouvernement israélien continue à considérer que l’Intifada n’est que l’œuvre de quelques dirigeants qu’il suffirait d’éliminer pour en finir avec la radicalisation et l’organisation du mouvement des masses. En même temps, une certaine efficacité répressive serait nécessaire, selon le criminel Sharon, mais juste « pour briser la volonté de résistance » des masses palestiniennes et les amener, sous la direction de quelques collaborateurs assez raisonnables, à une soumission bien tranquille dans des bantoustans (2) éparpillés entre les colonies de peuplement.

Le monde impérialiste a donné carte blanche à Israël pour en finir avec l’Autorité Palestinienne et régler comme bon lui semble la "révolte" des Palestiniens. Le gouvernement de Sharon n’est que l’expression sioniste de cette volonté impérialiste. Depuis un an il a tout mis en œuvre pour anéantir la possibilité effective de la création d’un État palestinien à l’ouest du Jourdain. Ainsi l’armée sioniste a-t-elle entrepris cette campagne de destruction systématique de tout ce qui est infrastructure palestinienne. Rien n’a été épargné, surtout à l’intérieur des villes : des postes et des locaux de l’Autorité Palestinienne et des services de sécurité aux réseaux de rue, d’eau et d’électricité, ainsi que les immeubles privés et publics y compris des écoles et des hôpitaux. Les assassinats des dirigeants et les arrestations de milliers d’autres qui appellent à la mobilisation et organisent la résistance contre l’occupant se multiplient de plus en plus. Il ne s’agit plus simplement de frapper durement le mouvement national palestinien et ses cadres mais, aussi et surtout, de créer le climat convenable pour faire passer ses plans politiques après avoir privé le mouvement de ses meilleurs militants.

Le gouvernement Sharon n’a pas gagné son pari. Loin de là : la volonté de résistance des Palestiniens et des Palestiniennes n’a jamais été aussi ferme. Certes, il a résilié les Accords d’Oslo en abolissant la zone A, cependant il est à noter que les Accords d’Oslo ont déjà rempli leurs fonctions pour les deux côtés :
- Pour Israël ils devaient permettre de renvoyer à la "phase terminale" les solutions des quatre grandes questions : celles des réfugiés, des frontières, des colonies et de Jérusalem.
- Pour la direction palestinienne, ils devaient permettre une certaine institutionnalisation d’une base déjà présente sur la terre de Palestine, afin d’aller en avant et de créer dans la "phase terminale" un État palestinien…   Les Accords d’Oslo se sont terminés lors des négociations de la "phase terminale" où l’on a rien réalisé concernant les grandes questions, ce qui a donné d’un côté l’Intifada Al-Aqsa et de l’autre le gouvernement Sharon. Que peut faire ce dernier en plus de ce qu’il a déjà entrepris depuis plus d’un an ? Certainement, la guerre impérialiste contre l’Irak tombe au bon moment pour ce gouvernement. Cependant, elle ne lui offrira aucune possibilité d’imposer une quelconque solution viable concernant les revendications justes des masses palestiniennes. Tout au plus elle lui permettra :
- de supplanter les Accords d’Oslo par d’autres du même genre (ce qui est d’ores et déjà en train de se faire) ;
- d'œuvrer avec une fraction de la bourgeoisie palestinienne pour un cessez-le-feu tout en poursuivant la guerre contre les avant-gardes révolutionnaires et les diverses structures de l’Intifada sous le mot d’ordre : « Destruction des racines du terrorisme » ;
- d'instaurer une période intermédiaire dont la durée et les confins restent indéterminés et après laquelle on disserterait d’une énième "phase terminale".

Pour le moment, en Palestine, il y a la guerre. Sharon continue sa campagne de destruction. Les assassinats, les arrestations, l’arrachage des arbres et les couvre-feux dans les villes et villages dévastés n’ont pas diminué, seulement ils n’occupent plus le devant de la scène : les préparatifs de l’invasion impérialiste de l’Irak avec ses divers scénarios plus cauchemardesques les uns que les autres ne laissent pas beaucoup de place pour les "petites horreurs" en Palestine.

Certainement, la solidarité avec la Palestine aujourd’hui passe aussi par la mobilisation contre la guerre impérialiste prévue contre l’Irak. Camarades, Tout laisse supposer que la pacification américaine du Moyen-Orient avec la guerre prévue contre l’Irak sera plutôt l’instauration d’un état de guerre permanent dans la région justifiant, sinon garantissant, une présence militaire américaine assez massive. Nulle part comme ici ne s’avère aussi évidente et vraie cette formule : « Washington ne veut pas d’une solution, elle veut seulement un problème de longue durée… » L’aveuglement du gouvernement israélien le pousse à engager l’entité sioniste comme une base militaire fort utile aujourd’hui pour le dispositif américain, voire indispensable demain quand il faudrait s’attaquer à la Syrie et au Liban. Seulement, le sort des bases militaires, fussent-elles les plus importantes, n’est guère enviable…

Mobilisons-nous, camarades, contre cette criminelle guerre impérialiste ;
Mobilisons-nous, camarades, pour soutenir davantage l’Intifada et le peuple de l’Intifada.
L’Intifada continuera ! L’Intifada vaincra !

Georges Ibrahim Abdallah
Prison de Fresnes, le 11 octobre 2002
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Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /2006 19:00

  Lettre de Georges Ibrahim Abdallah  et J.Marc Rouillan
aux manifestants
du 25 février 2006
 
      Cet après midi, nous n’aurons pas l’occasion de nous voir, ni de nous parler. Pourtant nous sommes si proches, quelques mètres à peine. Des murs et des grilles nous séparent. Seuls vos appels et les explosions des feux d’artifice nous parviendront. Nous, nous avons choisi de vous écrire ces quelques lignes.
 
      Certains d’entre vous viennent de très loin. Conscients que la bataille pour la libération des prisonniers révolutionnaires est liée à la résistance quotidienne sur des terrains bien différents. Elle fait partie de votre lutte contre le capital et son hégémonie néolibérale. Nous savons tous et toutes combien l’époque est cruciale. La crise générale du système ne cesse de s’approfondir et la bourgeoisie projette ses sempiternelles recettes ultraréactionnaires. Elle sacrifie la simple survie de la moitié de l’humanité sur l’autel de ses profits. La réaction avance quelquefois masquée et de plus en plus souvent à visage découvert, là où le processus de fascisation est particulièrement engagé. Et les conservatismes paradent comme s’aggravent les discriminations sociales et raciales. Pas un mois, sans qu’un État européen n’annonce le vote d’une loi sécuritaire, des décrets concernant des normes sociales plus restrictives, la création d’une brigade spéciale et sa participation à une intervention contre un peuple opprimé.
 
      Aux quatre coins du continent, des partis hier autoproclamés fascistes s’institutionnalisent pour prétendre à la virginité retrouvée et participer aux nouveaux gouvernements en formation. Dans cette ambiance vert-de-gris, comment s’étonner de la nostalgie du « temps béni » des colonies ? Les néolibéraux ont entrepris une démolition en règle des droits du travail, au logement et à l’éducation... Les progrès conquis par plusieurs générations de travailleurs sont aujourd’hui balayés d’un revers de main. Des régions entières sont plongées dans un désastre humain sans lendemain. Et pour mieux dissimuler ces ravages et diviser les forces populaires, des campagnes médiatiques ignobles mobilisent l’opinion au nom de la « sécurité » en désignant à la vindicte les nouvelles classes dangereuses. Comme à la fin du 19e siècle et dans tes années 30, la réaction agite l’épouvantail du travailleur étranger, celui ne vivant pas comme le « bon citoyen », celui privé d’un travail régulier, ayant une religion différente ou n’en ayant pas du tout. La revendication de l’apartheid et de toutes les formes de ségrégation sociale ne se dissimule même plus. Bien au contraire, pour de nombreux intellectuels et politiques, elle caractérise leur esprit postmoderne capable d’appréhender « sans tabou » la mondialisation et les nouveaux problèmes de société.
 
      La répression augure une époque féroce. Nous pourrions citer des dizaines d’exemples de cette dérive. Citons les plus caricaturaux, comme lorsqu’ils expédient le GIPN armé jusqu’aux dents contre les grévistes de la poste de Bègles ou le GIGN en hélicoptère contre les marins corses de la SNCM. Et à l’automne dernier, le Parlement a voté l’état d’urgence pour mater la révolte des enfants de banlieues et instauré le couvre feu dans les cités et les quartiers populaires. Selon le modèle néo-conservateur américain, les gouvernants ont choisi d’emprisonner de larges pans de la population déstabilisée par la précarisation et qui y résiste en se révoltant ou en créant une économie de survie. Ils baissent les aides sociales et augmentent les crédits carcéraux. De nouvelles prisons sont construites et aussitôt remplies.
 
      En certains lieux, les conditions de détention se révèlent cauchemardesques et seule une répression de matraqueurs cagoulés y maintient un ordre précaire. Plus la société avance vers un contrôle militarisé des populations appauvries et surexploitées, plus la prison s’érige au cœur du domaine social. Au centre de ce système répressif, le poids de la détention politique s’est considérablement alourdi. Il n’y a jamais eu autant de prisonniers politiques depuis la guerre d’Algérie et parfois ils sont détenus depuis plus de 22 ans.
L’accomplissement de la condamnation prononcée par les tribunaux spéciaux n’est plus le seul but recherché. Qui peut encore le croire ? De nombreux prisonniers sont immédiatement libérables depuis plusieurs années, mais les juges rejettent leurs demandes de libération conditionnelles au prétexte qu’ils ne renoncent pas à leurs identités politiques.  
      Désormais les détenu(e)s politiques atteint(e)s de maladies incurables ne bénéficient plus de la loi Kouchner de suspension des peine. Le mois dernier, le ministre de la Justice a annoncé qu’il accepterait leur libération seulement à l’heure de leur agonie. Ainsi le chantage politique pèse même dans le cadre de la mort lente. Le droit et la loi sont réduits à l’abrupte expression des rapports de forces.
 
      Pour espérer une libération, la collaboration avec le projet des tortionnaires est un exercice obligatoire. Le prisonnier doit s’individualiser jusqu’au bout en dénigrant son action passée et celle de ces anciens camarades. L’objectif est de nous obliger à faire amende honorable et de nous contraindre aux « aveux publics de la faute ». La réaction actuelle a ainsi réintroduit l’archaïque peine infamante et les juges la plaquent sur nos condamnations à la réclusion.
 
      Vingt ans après, ce n’est plus à nos organisations combattantes qu’ils en veulent, elles n’existent plus, mais à notre mémoire collective et par delà à une partie du patrimoine de la, gauche révolutionnaire internationaliste. L’objectif est d’anéantir l’expérimentation combat-tante qui, durant deux décennies, s’est développée dans la zone européenne et moyen-orientale.
 
      Nombre d’entre vous étaient très jeunes lorsque notre engagement nous a conduits dans les cachots de cet État. Mais il convient de rappeler qu’à travers nous, un fil ténu se perpétue.
 
Nos combats ont des racines profondes et anciennes.
 
      Georges Ibrahim Abdallah a grandi au Liban à une époque où la crise structurelle de l’entité libanaise devenait de plus en plus insurmontable. Pour conjurer tout changement et contrer la radicalisation du mouvement des masses populaires et de la jeunesse, la bourgeoisie n’hésita pas à pousser vers la guerre civile confessionnelle. L’affirmation de la réalité révolutionnaire palestinienne sur le devant de la scène régionale et libanaise a démultiplié la portée des diverses initiatives de luttes sociales fleurissant au début des années 70.
Très vite, elle constitua la cible privilégiée de toutes les forces fascisantes de la bourgeoisie réactionnaire. Ainsi à la veille de l’éclatement de la guerre civile de 1975 la crise du système a changé de nature et la portée des enjeux. Les « ceintures de la misère » autour de Beyrouth, les villes et les villages du Sud et les camps de réfugiés aux abords des principales villes incarneront dès lors et pour de longues années les enjeux locaux, régionaux et internationaux du mouvement révolutionnaire... Dans des moments d’intense humanité face à la barbarie, cette réalité de lutte, de résistance et de sacrifice a construit la conscience politique de Georges Ibrahim Abdallah et déterminé son engagement révolutionnaire. Tout naturellement, il a choisi la résistance face aux massacres de masse perpétrés par les bourgeois confessionnalistes de tout bord et leurs alliés israéliens et franco-américains. La Quarantaine, Naba’a, Tal Azza’atar, Sabra et Chatila et combien d’autres tueries sont restées dans nos mémoires et c’est à lui seul que les juges osent exiger l’amende honorable ?
Longtemps aux côtés de la gauche révolutionnaire arabe, il a résisté quand son pays était occupé par les Israéliens et les forces impérialistes. Et alors que de nos jours, l’horizon s’obscurcit dans cette région, il est un des derniers prisonniers de la vieille guerre civile.
 
     Dans son adolescence, Jean Marc Rouillan côtoya la communauté des réfugiés espagnols antifranquistes et naturellement, en 1970, il a pris les armes avec eux dans la guérilla contre la dictature. A cette époque, Georges Cipriani était ouvrier à Billancourt et porte en lui le souvenir des luttes des OS de la métallurgie. Enfin Nathalie Menigon est issue des quartiers populaires de la périphérie parisienne et avait une expérience de syndicaliste révolutionnaire.
Ainsi, à la fin des années 70 et au début des années 80, nous qui venions de différents horizons, nous nous sommes rejoints avec des centaines d’autres pour former un front commun, le front anti-impérialiste. Nous nous opposions à la guerre froide, à la révolution néo-conservatrice naissante et à son militarisme déchaîné. Nous avions saisi entre autre combien l’agression impérialiste des pays arabes et l’impunité de l’État sioniste s’appuyaient sur la pacification militarisée des populations métropolitaines. Ici ils avaient leurs bases d’attaque et tricotaient les concepts idéologiques du nouveau colonialisme « républicain » (la guerre propre, le droit d’ingérence, la protection des colons civilisateurs, la criminalisation des résistants...). Autant que nous l’avons pu, nous avons tenté de briser leur monopole de la violence. Car avec les monopoles économiques, financiers, politiques et idéologiques, il est le pilier de leur dictature. Nous avons attaqué les hommes et les structures du projet impérialiste, les bases militaires de l’OTAN, les usines d’armements, le lobby nucléaire champion de la prolifération dans les pays pro-occidentaux, les sièges d’Interpol et du FMI...
 
      Et aujourd’hui, en échange de notre libération, ils exigent que nous dénoncions notre résistance, que nous la reconnaissions inutile et même erronée, et surtout que nous en restions à des crimes à avouer et à condamner. La criminalisation ne s’arrête donc pas à l’idée qu’ici ils n’ont jamais été remis en cause. Que leurs politiques néocoloniales rencontraient l’assentiment de tous ou du moins une neutralité bienveillante. Non ! Notre criminalisation participerait également à la banalisation de leurs crimes et de leurs complicités d’alors. La complicité avec les massacreurs des camps palestiniens et des quartiers de Beyrouth, le tapis rouge qu’ils déroulaient devant les rejetons fascistes, les ventes d’armes aux bourreaux sud-africains ou au Shah d’Iran et à sa clique impériale, son implication directe dans la guerre criminelle entre l’Irak et l’Iran... la livraison de toutes sortes d’armes, gaz de combat inclus, et des Super Étendard capables de bombarder les villes iraniennes... Ou encore la complicité avec le franquisme et le salazarisme au Portugal.
Souvenez-vous, pas une parcelle de pouvoir institutionnel en Europe n’a échappé à la collaboration directe ou indirecte avec les tortionnaires ibériques...  
Et aujourd’hui, ces gens là nous expliquent sans honte ce qu’est le politiquement correct !
 
      Dans le front anti-impérialiste, nous avions compris un point essentiel de la nouvelle époque. Un élément crucial pour le combat révolutionnaire et qui ne s’est jamais démenti depuis, bien au contraire : le caractère de la prolétarisation mondiale.
 
      Sans doute parce qu’ils refusaient de voir plus loin que le bout de leur rue, les différents sociologues et sociaux-démocrates chics clamaient l’embourgeoisement de la classe et même sa disparition. Pourtant trente ans d’expansion de la production et de l’échange mondial et de développement industriel des anciens pays socialistes provoquèrent une explosion sans précédent du salariat industriel. Dès lors et pour la première fois de l’histoire, le prolétariat mondial constituait la majorité de l’humanité. Les deux points fondamentaux de ce vaste mouvement de prolétarisation se firent évidents. La prolétarisation croissait quatre fois plus vite au Sud que dans le centre impérialiste. Et face à la contre-offensive de la bourgeoisie pour rétablir les taux de profit, elle se développait sur les bases d’une précarisation extrême du travail. Avec la globalisation néolibérale, la prolétarisation mondiale et la précarisation sont indissociables. Toutes les politiques de protectionnisme social ont échoué parce qu’il n’y aura pas d’amélioration des conditions des prolétaires ici sans des victoires probantes contre l’impérialisme et le néocolonialisme. Ainsi les actions des révolutionnaires sous toutes les latitudes n’ont jamais été aussi dépendantes les unes des autres. Dans le front anti-impérialiste, nous avons toujours essayé d’apporter à cette objectivité des solutions politiques et pratiques. Et, ensemble, nous avons lancé le mot d’ordre : « Mener le combat dans la métropole avec les révolutionnaires du tiers-monde ».
 
      C’est par ce rappel historique que nous voulions marquer la journée de solidarité avec les prisonniers de la gauche révolutionnaire. Parce que la détention politique dans les prisons françaises et européennes est un livre ouvert sur les chroniques de l’oppression et de la résistance. D’autant plus que la mémoire vive des luttes passées ouvre des perspectives pour les futurs combats. Le pouvoir a parfaitement compris cet enjeu. C’est pourquoi il durcit mois après mois son chantage sur les derniers prisonniers et leur expérience révolutionnaire.
Il espère une détention politique où pour seule politique, ne subsisterait que le point de vue des oppresseurs. Nous nous y refusons et nous le refuserons toujours !  
Nous résisterons au pouvoir comme nous l’avons affronté, toujours collectivement !
 
La critique de notre expérience revient aux révolutionnaires qui se préparent dans la lutte à la dépasser et à la critiquer radicalement.
  Centrale de Lannemezan. 25 février 2006 Les prisonniers révolutionnaires : Georges Ibrahim Abdallah J.Marc Rouillan
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Samedi 1 avril 2006 6 01 /04 /2006 19:00
Déclaration de Georges Abdallah, de la prison de Lannemezan, lue à Beyrouth en avril 2006
 
Chers frères et sœurs, chers camarades, noble auditoire
Je vous adresse mes meilleurs vœux de derrière les barreaux honnis. Vous êtes venus de lieux différents afin d’exprimer votre solidarité avec les militants emprisonnés, en ces jours où particulièrement votre soutien nous est nécessaire. Alors même que vous n’avez jamais failli à cette tâche, votre solidarité continuelle pour eux et votre mouvement de soutien considérable ont permis de renforcer leur résistance.
Aujourd’hui plus que jamais, votre initiative pour soutenir tout prisonnier résistant représente une importance particulière et un affluent principal non seulement pour la résistance de tous les camarades emprisonnés, mais aussi pour la défense du travail patriotique élémentaire et une riposte globale à l’attaque impérialiste et le flot des forces bourgeoises qui vogue à son cortège.
En ces temps, où Bush et ses sbires présentent des « excuses publiques », en ces temps de rencontres et de coordination à Rabat et autres lieux avec la participation et la couverture des représentants de l’OTAN avec l’entité sioniste sans provoquer pour autant beaucoup de contestations officielles ou mêmes populaires… en ces temps où nos oreilles commencent à s’habituer aux nouvelles des boucheries qui déciment au quotidien nos masses en Irak, à ce que vit le peuple palestinien et ses forces, vies de galères et de reniement de toutes les conventions internationales y compris des garanties américaines et européennes, surtout en ce contexte de luttes confessionnelles et ethniques au Liban, votre solidarité au sein de cette rencontre avec un prisonnier politique des geôles impérialistes françaises et celles des sionistes en Palestine occupée, dépasse la question du soutien humaniste pour un détenu ou pour un autre et même la volonté de renforcer leur résistance et l’exigence de leur libération…
Camarades
Ceux qui appellent à la souveraineté du Liban ou les néo-souverainistes sont ceux qui appellent au projet sioniste dans la région arabe. Ces forces participent actuellement à séparer le Liban de son milieu arabe résistant et à la transformation de son rôle en un camp avancé dans le projet du grand moyen orient.
Ces forces sont un instrument parmi les outils du reniement qui poussent sous différentes pressions, le Liban à mondialiser la situation conformément à la vision Américano-sioniste.
En conséquence, la spécificité de la période actuelle nous dicte à tous  de renforcer le fusil de la résistance par la confirmation du caractère patriotique de toute action de résistance en centrant notre refus catégorique de la résolution 1559 avant tout autre chose.
Le renforcement du fusil combattant ne se fera que par le refus de toute forme qui altérerait sa position en tant qu’axe central pour l’édification  de l’unité nationale et donc de faire en sorte de l’éloigner tant que possible de tout caractère sectaire ou confessionnel.
Le renforcement du fusil combattant c’est le renforcement  de l’identité arabe du Liban et son appartenance à son milieu arabe sans compromission avec l'axe réactionnaire vassal.
Le renforcement du fusil combattant est un facteur garant et essentiel pour la construction d’un projet sociétal juste et partisan des couches populaires écrasées.
Il n’y a de légitimité que pour l’action combattante et que pour la résistance. Il n’y a de légitimité que par la lutte armée.
En ce qui concerne l’arsenal palestinien, le renforcement de la lutte armée signifie le maintien du droit au retour et l’abnégation à rappeler la primauté et la centralité de la résolution 194 et donc le refus de toutes formes de proposition de naturalisation ou d’exil en appliquant l’engagement de l’Etat libanais de fournir aux réfugiés Palestiniens tous leurs droits civiques et sociaux à l’instar des citoyens libanais en dehors du droit à la nationalité et à la fonction publique.
Sur le plan économique, il faut travailler pour le refus des politiques néo-libérales qui entraînent le paysan au bord du gouffre notamment au niveau des dettes publiques et il faut contrer par tous les moyens les privatisations, et le rattachement du Liban au modèle de la mondialisation américaine. Nous devons assurer la défense du secteur public et sa protection en exerçant un droit de contrôle et en poursuivant rigoureusement les cas de corruption et de déliquescence dans les administrations et les institutions publiques.
Et enfin, je condamne la barbarie sioniste envers le droit du peuple Palestinien et ses forces vives et je rejette les garanties américano-européennes à la lumière de ce que s’est passé à Jéricho.
La solidarité, toute la solidarité avec la lutte du peuple Palestinien.
La solidarité, toute la solidarité avec la résistance Iraquienne et je dénonce toutes les manœuvres impérialistes criminelles qui poussent vers les conflits confessionnels via les massacres dans les lieux de cultes et dans les quartiers populaires.
Nous devons être totalement opérationnels pour soutenir la résistance Iraquienne. Je confirme mon refus total des bases militaires américaines sur le sol arabe et tous les pays d’Asie ou d’Afrique. La honte et le déshonneur aux assassins impérialistes.
La victoire aux peuples et aux masses militantes. La liberté pour les prisonniers et les otages arabes dans les bagnes de l’ennemi sioniste et les camps de détention des régimes répressifs arabes.
A Beyrouth du refus
Au sud résistant
Salutation de la résistance et du défi
Georges Abdallah - Avril 2006
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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /2006 22:00

 

Déclaration de
Georges Ibrahim Abdallah
au meeting de Saint-Denis du 6 octobre 2006

 Pour écouter la déclaration, cliquez  ICI

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /2006 19:00

LA SOLIDARITE EST UNE ARME
 
Depuis nos condamnations par les tribunaux d’exception français, l’état nous maintient dans des établissements de sécurité.
 
23 années pour Georges Ibrahim Abdallah et 20 ans pour Jean-Marc Rouillan. Et au cours de ces années, nous avons connu les quartiers d’isolement total comme la fausse normalisation des régimes de haute sécurité.
 
Notre expérience politique dans les prisons nous amène à une conclusion : cette détention criminelle n’a qu’un seul but, individualiser le militant révolutionnaire, l’amener à renier son passé combattant ou le détruire physiquement et psychologiquement.
 
Le traitement se perpétue aussi longtemps que le prisonnier refuse de se soumettre au rôle que les gouvernants cherchent à lui faire jouer : un pantin au service de la contre propagande ! Il en est ainsi depuis l’utilisation des cellules de privation sensorielle contre les premiers prisonniers de la RAF au début des années 70 et graduellement ce traitement de chantage et de pacification a été utilisé par tous les régimes réactionnaires européens. QHS et QI ici, FIES en Espagne, prisons de type F en Turquie…et partout nous avons lutté dans ce combat inégal.
 
Depuis 7 ans, d’un sacrifice gigantesque, nos camarades en Turquie relèvent le drapeau de la résistance carcérale. Déjà 121 d’entre eux l’ont payé de leur vie.
 
DU 15 AU 18 DECEMBRE 2006 NOUS SERONS EN GRÈVE DE LA FAIM EN SOLIDARITÉ
 AVEC LA RÉSISTANCE DANS LES PRISONS TURQUES
 
Par cet acte symbolique nous voulons apporter notre témoignage de fraternité et de solidarité.
 
Et, par la même occasion, nous saluons toutes les délégations venues, en Grèce, au Vème Symposium international contre l’isolement.
 
Dans cet hommage, nous tenons également à rappeler le souvenir des camarades morts dans la même lutte contre l’anéantissement carcéral comme : Holger Meins, Bobby Sands, Patsy Ohara, Kepa Crespo Dallende… et tous les autres, rappeler le souvenir des combattants des différents pays, de différentes guérillas morts en luttant ou détruits par ce traitement barbare.
 
UNITÉ INTERNATIONALE DES RÉVOLUTIONNAIRES EN EUROPE ET AU MOYEN-ORIENT
 
UNITÉ DANS ET EN DEHORS DES PRISONS POUR ÉLARGIR LA LUTTE CONTRE L’ISOLEMENT CARCERAL
 
HONNEUR AUX CAMARADES PEHIC, GÜLCAN, et SEVGI
 
A BAS L’IMPERIALISME ET SES LAQUAIS TORTIONNAIRES
 
ENSEMBLE NOUS VAINCRONS !
 
 
Georges Ibrahim Abdallah
Jean-Marc Rouillan
Centrale de Lannemezan le 15-12-2006
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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /2007 02:00
Chers camarades, chers amis,
     Au 20e anniversaire de leur arrestation, nos camarades d'Action Directe sont toujours là, debout dans les geôles de l'État français. Dignes de leur engagement communiste, ils affirment au quotidien une volonté inébranlable, face à la politique de destruction lente dont ils font l'objet depuis tant d'années. Joëlle Aubron


     Dans cette longue bataille, Joëlle nous a quittés l'année passée. Elle n'en demeure pas moins toujours présente dans nos cœurs et nos esprits. Elle nous apporte à nous tous force et détermination.


     Depuis un certain temps, nos camarades sont tous libérables, selon les lois en vigueur dans ce pays. Et pourtant, les magistrats d’application des peines estiment qu'il est encore trop tôt pour parler de leur libération, voire d'envisager un quelconque aménagement des peines. Apparemment ils n'ont pas encore assez fait, assez payé. Il faut dire que pour nous tous, camarades, ainsi que pour ces magistrats d'ailleurs, il n'a jamais été question de mesure de justice. L'expression judiciaire n'est à ce propos que le pendant des décisions politiques prises au niveau du gouvernement. C'est justement au niveau des instances politiques gouvernementales que l'on décide de la libération ou du maintien en détention des prisonniers révolutionnaires.

     À cette fin, des structures spéciales d’application des peines ont été créées ces derniers temps. Ainsi comme le souligne justement notre camarade Jann-Marc, de l'arrestation à la fin de la peine, le sort des prisonniers politiques est entre les mains de la même section spéciale du tribunal de Paris.

Affiche 20 ans - Libérez les militant-e-s d'Action Directe
     Chers camarades, tout au long de ces deux décennies de captivité et en dépit des difficiles conditions de détention, nos camarades n'ont cessé d'affirmer leur engagement communiste dans la lutte anticapitaliste, anti-impérialiste.

      C'est justement en fonction de ce parcours et de ce qu'il représente en termes de potentialité révolutionnaire, que l'on doit aborder l'acharnement de l'État français et sa politique d'anéantissement lente contre eux.

Camarades vous n'êtes pas sans savoir que partout où l'on mène une politique de lutte significative contre la politique bourgeoise de destruction lente des prisonniers révolutionnaires, la mobilisation solidaire s'avère une arme indispensable. Seulement, dans les centres impérialistes, plus qu'ailleurs, toute l'intelligence est de savoir pouvoir articuler cette mobilisation aux diverses manifestations de luttes anticapitalistes, anti-impérialistes.
 

    
Nos camarades, en dépit de leurs vingt années de captivité, nous disent : « Du fond de nos cachots, nous affirmons qu'il est possible et nécessaire d'utiliser notre résistance comme une arme dans le combat contre l'oppression actuelle. Une arme disponible pour tous les révolutionnaires, les contestataires et les rebelles. »  

     Tout naturellement, camarades, je me joins à eux pour appeler le camp révolutionnaire à multiplier les initiatives de solidarité et d'unité.


Honneur à nos camarades d'Action Directe !
Joëlle demeurera vivante dans nos cœurs et nos esprits ! À bas l'impérialisme ! Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte ! Ensemble, camarades, nous vaincrons !

Georges Abdallah
Déclaration de la prison de Lannemezan, le 22 février 2007
Par Libérons Georges Ibrahim Abdallah - Publié dans : Georges Abdallah - Déclarations
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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /2007 14:58

Cher«e»s camarades, cher«e»s ami«e»s


 Mes plus chaleureuses salutations à vous tous en cette Journée Internationale Des Prisonniers Révolutionnaires. Certainement cette journée ne prend son plein sens que dans le cadre global de la lutte anticapitaliste ; ne serait-ce que parce que les prisonniers révolutionnaires n’affrontent pas seulement l’enfermement derrière les murs, mais aussi et avant tout ils font face  à l’anéantissement du système capitaliste qui n’est plus désormais que destruction et barbarie partout dans le monde.


Dans le cadre générale de la lutte anticapitaliste, anti-impérialiste, la Journée Internationale des Prisonnier« e »s Révolutionnaires constitue un moment d’une particulière intensité humaine ; et tout naturellement elle est souvent l’occasion d’un certain débat, d’un certain enrichissement des propositions et d’initiatives.


Camarades,

du milieu des années 80 jusqu’à nos jours, le mouvement révolutionnaire et par conséquent les prisonnier« e »s révolutionnaires ont traversé des moments difficiles et ont remporté diverses victoires ici et là… De ces dures batailles on retient des leçons que désormais on ne peut plus faire abstraction surtout, lors de toute initiative révolutionnaire d’une certaine envergure. Peut-être camarades, faut-il souligner à ce propos que :

-  La différence de degré d’avancement du mouvement révolutionnaire d’une région à l’autre …

-  La dynamique propre à la lutte de classes et la spécificité de ses expressions ici et là…

-  La problématique de la lutte anti-impérialiste et ses diverses répercutions…

font que l’on est d’emblée appelé à respecter une certaine pluralité si l’on veut réellement avancer sur l’axe de la contradiction principale. La situation dans notre région est à ce niveau symptomatique, tout particulièrement ces jours-ci.

 

Cher« e »s camarades, de nos jours, on ne peut assumer les tâches révolutionnaires que seulement Dans l’unité et à travers la contradiction… il nous faut assumer l’unité et il nous faut, en même temps, assumer la contradiction. (La mondialisation, la prolétarisation généralisée, la précarisation ainsi que La stratification de la classe ne sont pas étrangères à cette situation).

Plus que jamais camarades, faisons de sorte que la contradiction principale prime sur les contradictions secondaires !

 

Ensemble camarades nous vaincrons.

Georges ABDALLAH

Lannemezan le 16/06/2007

Par Libérons Georges Ibrahim Abdallah - Publié dans : Georges Abdallah - Déclarations
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /2007 16:42

Pour écouter la déclaration de Georges Ibrahim Abdallah du 13/12/07, cliquez sur la flèche

Chers camarades, chers amis

  

Au début de cette 24e année de captivité, votre mobilisation solidaire m’apporte énormément de force et autant de détermination.

 

Certainement, ce n’est pas aussi évident de dire ses sentiments et ses impressions en pareilles circonstances, ni les conditions ni le temps ne le permettent, ainsi que d’autres facteurs aussi.

Ne serait-ce que le fait de se trouver aussi proches de tant de camarades, et aussi loin en même temps. Je peux presque vous voir et vous entendre ici et pourtant les distances, les murs, les barbelés et d’autres barreaux nous séparent.

 

Bien entendu, l’espace d’une vie de luttes nous rapproche et nous unit aussi.

 

Chers camarades, chers amis, après toutes ces années de mobilisation solidaires, toute initiative finit par répondre à plusieurs rendez-vous en même temps : célébrer une victoire ou commémorer une bataille ou affirmer  l'urgence d’une lutte et lancer un appel à d’autres initiatives.

 

Ainsi, aujourd’hui, les premières choses qui me viennent à l’esprit, c’est d’abord la joie que nous partageons tous en voyant certains de nos camarades d’AD arracher un statut qui les rapproche encore plus de la liberté.

 

Permettez-moi en ce moment camarades, de vous féliciter tous pour cette victoire que nous venons d’arracher et de remporter grâce principalement à votre mobilisation solidaire qui à plusieurs occasions vous avez su affirmer sur le terrain de la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste.

 

Certes, cette victoire n’est pas complète. D’autres camarades d’AD sont encore en prison et surtout ils ne sont pas encore sortis complètement.

 

Il n’en demeure pas moins, camarades, votre mobilisation a été le facteur principal de leur libération ou de leur semi-libération.

 

Bien entendu derrière les murs ils ont résisté et ils résistent encore. Il n’empêche, c’est votre engagement solidaire sur le terrain de la lutte anticapitaliste qui a donné le poids et le sens à leur résistance.

 

A un autre niveau, camarades, nous vient à l’esprit en ce moment le 60e anniversaire du partage de la Palestine. Parler de la Palestine… et les anniversaires se succèdent et les tâches de lutte aussi.

 

En ce moment aussi, le 20e anniversaire d’une des plus importante intifada qu’a connu ces 20 dernières années : le long martyr des masses populaires enfermées en une gigantesque prison à ciel ouvert à Gaza et en Cisjordanie.

 

En ce moment nous vient à l’esprit, camarades, la situation des prisonniers et prisonnières palestiniennes embastillées dans les geôles sionistes dans des conditions que personne n’ignore aujourd’hui. Et pourtant elles ne font pas la une des médias bourgeois.

 

Bien entendu, les problèmes de la résistance palestinienne sont énormes. Il n’en demeure pas moins, votre mobilisation solidaire est plus que nécessaire et urgente.

 

Les masses populaires, en dépit de toutes les difficultés font face et résistent aussi, aussi bien en Palestine qu’en Irak où grâce à l’héroïque résistance la coalition impérialiste et ses affidés n’ont plus d’autre choix que chercher  leur retrait de l’Irak.

 

Quant à la situation au Liban, après les échecs et l’échec tout particulièrement de l’agression impérialo-sioniste de l’année passée et les espoirs déçus de toute la réaction arabe, il ne reste aux impérialistes que chercher un compromis avec l’opposition.

 

Camarades, votre mobilisation sur ce terrain est toujours plus que nécessaire.

 

Dès maintenant, camarades, combattons le criminel projet de l’impérialisme et leur propagande mensongère et soutenons sans réserve la résistance des peuples de la région.

C’est le véritable soutien que vous pouvez nous apporter, que vous pouvez apporter aux prisonniers révolutionnaires ici ou ailleurs.

 

A bas l’occupation de l’Irak !

A bas l’occupation de la Palestine !

A bas l’alliance impérialiste sioniste !

Honneur aux martyrs, aux peuples en lutte !

Ensemble, camarades, nous vaincrons !

 

Georges Ibrahim Abdallah

Maison Centrale de Lannemezan

Décembre 2007 

artcile paru sur http://liberonsgeorges.over-blog.com/ le 13/12/07

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Campagne 2009 pour Abdallah

A eu lieu
21 février - EnsisheimCompte-rendu]

07 mars - Belgique
- [Secours Rouge]
22 mars - Bordeaux - [Compte-rendu]
25 mars - Paris
- [Compte-rendu]
26 mars - Paris[Détail
28 mars - Paris - [Compte-rendu]
04 avril - Strasbourg - [Tract]
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17 avril - St Denis- [Annonce]

19 avril - Bagnolet- [Annonce]

01 mai - Paris - [Tract]
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15 mai - St Denis[Compte-rendu]

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24 octobre - Pau - [Compte-rendu]
24 octobre - Paris - [Compte-rendu]
01 décembre - Tarbes - Procés ADN [Compte-Rendu]

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